Préparation · Journal de bord

Le mal de mer : pourquoi il arrive et ce qui aide vraiment

Une personne sur trois en souffrira au moins une fois. Le mécanisme est dans l'oreille interne, et la plupart des gestes utiles se préparent avant d'appareiller.

Par Le bosco du bordLecture 4 min

Il porte un nom savant, la naupathie, du grec naûs, le bateau, et pathos, la souffrance. Et il concerne beaucoup plus de monde qu'on ne l'avoue au ponton : une personne sur trois en souffrira au moins une fois.

C'est un sujet de sécurité autant que de confort. Un équipier malade ne manœuvre plus, ne veille plus, et se déshydrate. Sur un bateau réduit à deux personnes, cela peut faire passer l'équipage à un seul opérationnel.

Ce qui se passe réellement

Le mal de mer ne vient pas de l'estomac, mais de l'oreille interne. Les vestibules, aussi appelés labyrinthes, détectent les mouvements, les changements de direction et les accélérations.

En mer, ces organes envoient des signaux que la vue ne confirme pas. Vous voyez une cabine immobile pendant que votre oreille perçoit un mouvement permanent. Ce désaccord produit des signaux désordonnés vers des zones nerveuses proches du centre du vomissement, et le malaise s'installe : pâleur, nausées, vertiges, parfois jusqu'au malaise complet.

Cette explication a une conséquence pratique directe : tout ce qui réconcilie la vue et l'oreille améliore la situation, tout ce qui les sépare l'aggrave.

Les gestes qui découlent du mécanisme

Regarder loin, au large. Fixer l'horizon donne enfin à l'œil la confirmation du mouvement que l'oreille perçoit. Le conflit se résout. C'est le geste le plus efficace, et il est gratuit.

Rester sur le pont. L'air libre aide ; le confinement aggrave. Une cabine sans repère visuel extérieur est le pire endroit possible.

Se placer au centre du bateau. C'est là que les mouvements sont les plus faibles. À l'étrave, on subit le tangage à plein.

Éviter les déclencheurs annexes. La chaleur, une odeur de cuisine ou de gasoil, un bruit agressif et l'anxiété ajoutent au malaise. Descendre lire une carte dans un carré chaud est une excellente façon de le déclencher.

Manger léger avant, et manger quand même. Un repas gras avant l'appareillage est une mauvaise idée ; partir le ventre vide aussi.

Ce qui se prépare à terre

C'est le point que les équipages oublient le plus souvent : les traitements médicamenteux se prennent avant d'embarquer, pas quand le malaise est là.

Les dispositifs à base de scopolamine, par exemple, s'appliquent plusieurs heures avant le départ pour être efficaces. Une fois les nausées installées, l'absorption est de toute façon compromise.

Ces produits ont des contre-indications réelles : glaucome, troubles urinaires, problèmes cardiaques notamment. Le choix relève du pharmacien ou du médecin, pas d'un conseil de ponton ni d'un article de blog. Posez la question avant la sortie : la veille au soir, la pharmacie est fermée.

Ce que le chef de bord peut faire

Anticiper vaut mieux que soigner. Demander à l'équipage, avant le départ, si quelqu'un y est sujet, et adapter le programme : une navigation au portant est nettement plus supportable qu'un près serré dans une mer croisée.

Confier une tâche aide aussi : tenir la barre occupe le regard vers l'avant et donne des repères, quand rester passif dans le cockpit laisse toute la place au malaise.

Enfin, surveiller l'hydratation. Un équipier qui vomit se déshydrate vite, et c'est cela qui transforme un inconfort en vrai problème. Si l'état inquiète, un médecin est joignable gratuitement depuis la mer : voir problème médical à bord.


Une dernière chose, souvent utile à dire à bord : le mal de mer n'a rien à voir avec le courage ou l'habitude de la mer. Des marins très expérimentés y sont sujets. Le dire ouvertement évite qu'un équipier le cache jusqu'à ne plus tenir debout.

Passez de la lecture à la vérification

Vérifiez ce qu’il faut réellement embarquer

Répondez à six questions sur votre bateau et votre navigation. Mon Bosco prépare une liste adaptée à votre situation.

Vérifier mon équipement