Guide pratique · Division 240
Problème médical à bord : qui appeler et comment se préparer
Un médecin est joignable gratuitement depuis la mer, 24 h sur 24. Comment le contacter, ce qu'il faut pouvoir lui dire, et comment préparer la trousse de secours avant de partir.
Mis à jour le 30/08/2026. Division 240 éd. 21/05/2026

Référentiel sécurité
Problème médical · joindre un médecin depuis la mer
Éd. 21/05/2026
Un malaise, une coupure profonde, une chute dans le cockpit : à terre, on appelle le 15 et on attend. En mer, la première question n'est pas « que faire ? » mais « qui joindre, et avec quoi ».
Cette page ne remplace pas une formation aux premiers secours : elle explique comment obtenir un avis médical depuis la mer, et comment préparer le bateau pour que cet appel serve à quelque chose.
Un médecin est joignable, gratuitement
La France dispose d'un service que beaucoup de plaisanciers ignorent : le Centre de consultation médicale maritime, le CCMM, rattaché au SAMU de Toulouse. Il assure depuis 1983 la consultation et l'assistance médicale par radio pour les navires en mer.
Ce service est gratuit, permanent (24 heures sur 24, toute l'année) et il est ouvert aux plaisanciers, pas seulement aux navires de commerce. Un médecin formé à la médecine maritime évalue la situation à distance et dit ce qu'il faut faire : traiter à bord, faire route vers un port, ou déclencher une évacuation.
Par quel canal passer l'appel
En mer, l'alerte passe d'abord par la VHF sur le canal 16, qui reste le moyen prioritaire. La radio ne dépend d'aucun réseau, et elle a un avantage décisif : elle est entendue par les navires alentour, qui peuvent être bien plus proches que les secours.
Depuis la côte ou quand la VHF n'est pas disponible, le 196 joint gratuitement le CROSS de votre zone, depuis n'importe quel téléphone. Le numéro a été choisi pour rappeler le canal 16. Il ne remplace pas la VHF : le téléphone dépend de la couverture réseau, qui s'arrête vite en s'éloignant.
Dans les deux cas, c'est le CROSS qui coordonne, et c'est lui qui met en relation avec le médecin du CCMM quand la situation est médicale. Vous n'avez pas à choisir le bon interlocuteur : appelez, on vous oriente.
Ce qu'il faut pouvoir dire
Un avis médical à distance vaut ce que valent les informations transmises. Avant de partir, assurez-vous que ces éléments sont accessibles à quelqu'un d'autre que vous : vous pourriez être la personne concernée.
L'identité et la position du bateau, le nombre de personnes à bord, et pour la personne touchée : son âge, ce qui s'est passé, depuis quand, ses traitements en cours et ses antécédents connus. Le CCMM propose d'ailleurs de recevoir les dossiers médicaux d'équipage avant le départ, pour les navigations engagées.
Ces éléments recoupent ceux que demande toute alerte : la fiche alerte et détresse détaille comment préparer un message clair.
Préparer la trousse avant, pas pendant
La trousse de secours est un équipement réglementaire à partir de la navigation semi-hauturière, et son contenu périme séparément : c'est un inventaire dans l'inventaire, comme l'explique la fiche trousse de secours.
Trois réflexes simples valent mieux qu'une trousse impressionnante. Vérifiez les dates du contenu, pas seulement la présence de la boîte. Assurez-vous que chacun sait où elle est rangée. Et ajoutez-y les traitements personnels des personnes embarquées, avec leur ordonnance : c'est ce que le médecin demandera en premier.
Se former reste le meilleur équipement
Aucune page web ne remplace un geste appris et répété. Une formation aux premiers secours (le PSC1 dure une journée) vous apprendra ce que ce guide ne peut pas vous transmettre : la conduite à tenir, sous stress, avec vos mains.
C'est particulièrement vrai en mer, où le délai avant l'arrivée d'une aide se compte rarement en minutes. La réglementation impose des équipements ; elle ne peut pas imposer de savoir s'en servir.
