Équipage · Journal de bord
Veille à bord : quand réveiller le chef de bord
Une consigne simple pour l'équipier de quart : quoi surveiller, quoi transmettre et dans quelles situations appeler sans attendre.

Le chef de bord descend se reposer et laisse une consigne rassurante : « appelle-moi s'il y a un problème ». Pour l'équipier qui reste seul dans le cockpit, cette phrase ne dit presque rien. Un feu qui se rapproche est-il déjà un problème ? Un changement de vent ? Une route qui s'écarte de quelques degrés ?
Une bonne consigne de quart ne demande pas à l'équipier de savoir résoudre toutes les situations. Elle définit ce qu'il surveille et le moment où il appelle.
La veille porte sur plus que les autres bateaux
Surveiller l'extérieur reste essentiel : feux, silhouettes, sons, bouées, casiers et évolution de la côte. Mais la veille concerne aussi le bateau et son environnement.
À intervalles réguliers, l'équipier contrôle :
- la route et la profondeur ;
- le vent et l'état de mer ;
- la présence de nouveaux échos ou feux ;
- les alarmes et instruments ;
- l'eau dans les fonds et les bruits inhabituels ;
- l'état des voiles, des amarres ou du moteur ;
- sa propre fatigue et sa capacité à rester attentif.
Cette liste doit être adaptée au bateau. Sur un voilier, une drisse qui bat soudainement peut signaler un problème de voile. Au moteur, une odeur ou une variation de bruit mérite d'être signalée avant l'apparition d'une alarme.
Définir des critères d'appel objectifs
L'équipier ne doit pas se demander s'il va déranger. Convenez avant le repos qu'il appelle dans les situations suivantes :
- un autre bateau présente un risque difficile à évaluer ;
- la visibilité baisse ;
- le vent forcit, tourne ou dépasse la marge prévue ;
- la profondeur ne correspond plus à la route attendue ;
- une alarme apparaît ;
- un bruit, une odeur ou une entrée d'eau paraît anormal ;
- le prochain changement de route ou point de passage approche ;
- l'équipier doute, même sans savoir expliquer pourquoi ;
- la fatigue empêche de maintenir une veille correcte.
Le dernier critère est le plus important. Le doute transmis tôt coûte quelques minutes de sommeil. Le doute gardé pour soi peut coûter toute la marge de manœuvre.
Expliquer comment réveiller
Appeler le chef de bord ne suffit pas toujours. Une personne tirée d'un sommeil profond peut avoir besoin de quelques instants pour comprendre la situation. L'équipier doit garder le contrôle du bateau pendant cette transition.
Préparez un message court : « bateau sur tribord, relèvement stable, distance en baisse » ou « vent passé de 15 à 22 nœuds, mer plus courte, route inchangée ». Commencez par le fait, puis donnez ce qui évolue et ce qui a déjà été fait.
Ne remettez pas la barre sans vérifier que la personne réveillée a compris et repris la situation. La présence du chef de bord dans le cockpit ne signifie pas qu'il est déjà prêt à décider.
Rendre le quart soutenable
Une veille efficace demande une personne suffisamment reposée, protégée du froid et capable de rester à son poste. Préparez vêtements, boisson, éclairage et moyens de s'attacher avant la relève.
Un quart trop long dégrade l'attention progressivement. La personne concernée est souvent la dernière à s'en rendre compte. Fixer la durée et l'heure de relève à l'avance évite de prolonger parce que « tout va bien ».
Le briefing sécurité de l'équipage donne une base pour répartir les rôles. En cas de dégradation, la page Se préparer au gros temps aide à décider ce qui doit être prêt avant que la charge de travail augmente.
La consigne doit tenir sur une fiche
Une consigne utile tient en quelques lignes propres au bateau : cap ou route, limites à ne pas franchir, dangers à venir, fréquence des contrôles et critères d'appel. Elle complète le journal de bord sans devenir un second journal.
L'objectif n'est pas de transformer chaque équipier en chef de bord. Il est de lui donner la permission et les repères nécessaires pour appeler avant que la situation ne soit déjà urgente.
Passez de la lecture à la vérification
Vérifiez ce qu’il faut réellement embarquer
Répondez à six questions sur votre bateau et votre navigation. Mon Bosco prépare une liste adaptée à votre situation.
Vérifier mon équipementÀ lire ensuite
Préparez la prochaine sortie

Sécurité · 02/09/2026
Après un homme à la mer : froid, épuisement et appel des secours
Une personne remontée à bord peut rester en difficulté. Le froid, l'épuisement et une blessure justifient une surveillance et un contact précoce avec les secours.

Sécurité · 02/09/2026
Brouillard en mer : décider avant de ne plus voir
Lorsque la visibilité baisse, les gestes simples deviennent plus difficiles. Le bon moment pour préparer la VHF, la veille et le repli se situe avant l'entrée dans la brume.

Navigation · 02/09/2026
Entrée de port difficile : décider de renoncer assez tôt
Un port marqué sur la carte n'est pas toujours un abri accessible. Le plan B doit être choisi avant que l'entrée ne devienne la seule option.
