Équipement de sécurité · Division 240
RIPAM : règles de navigation à connaître et résumé à avoir à bord
Le RIPAM est le code de la route en mer : veille, vitesse, croisement, dépassement, feux et signaux. Découvrez les règles à appliquer et quand son résumé doit être embarqué.
Mis à jour le 26/08/2026. Division 240 éd. 21/05/2026

Référentiel sécurité
Documentation nautique · préparer la route
Éd. 21/05/2026
Le Règlement international pour prévenir les abordages en mer, ou RIPAM, est souvent présenté comme un document de bord. C'est d'abord le « code de la route » des navires : il organise la veille, la vitesse de sécurité, les manœuvres anticollision, les feux, les marques de jour et les signaux sonores.
Deux obligations différentes ne doivent pas être confondues :
- Respecter les règles du RIPAM en mer. Cette obligation ne commence pas à 2 ou 6 milles d'un abri. La Division 240, article 240-2.07, soumet les navires de plaisance aux dispositions du RIPAM rendues applicables selon leurs caractéristiques.
- Embarquer le RIPAM ou un résumé textuel et graphique. La Division 240 prévoit cet aide-mémoire à partir de la navigation côtière, ainsi que dans certaines navigations en VNM ou embarcation à énergie humaine.
Posséder le résumé ne remplace donc ni sa lecture ni son application. Et rester sous les 2 milles ne dispense jamais de prévenir un abordage.
Les règles essentielles à appliquer
Assurer une veille permanente
La règle 5 impose une veille visuelle et auditive appropriée, complétée par tous les moyens disponibles adaptés aux circonstances. Une personne doit réellement surveiller l'environnement : regarder périodiquement l'écran d'un traceur ou laisser le pilote automatique barrer ne suffit pas.
La Division 240 ajoute que, lorsqu'une VHF fixe ou portable se trouve à bord, le navire doit rester à l'écoute de la voie 16 en mer lorsque cela est possible. Cette écoute complète la veille ; elle ne la remplace pas.
Adapter sa vitesse
La « vitesse autorisée » n'est pas nécessairement une vitesse sûre. Le RIPAM demande une vitesse permettant d'agir efficacement pour éviter l'abordage et de s'arrêter sur une distance adaptée. Visibilité, trafic, manœuvrabilité, vent, mer, courant, profondeur et performances du radar entrent dans l'appréciation.
Déterminer s'il existe un risque d'abordage
En cas de doute, le risque doit être considéré comme existant. Le relèvement d'un autre navire qui reste sensiblement constant tandis que la distance diminue est un signal classique, mais il faut exploiter tous les moyens disponibles et ne pas conclure à partir d'informations insuffisantes.
Manœuvrer tôt et franchement
Une manœuvre anticollision doit être positive, effectuée largement à temps et observable par l'autre navire. Une succession de petites corrections ambiguës est plus difficile à comprendre. La situation doit ensuite être surveillée jusqu'à ce que l'autre navire soit définitivement paré et clair.
Croisement, rencontre et dépassement
Ce tableau est un aide-mémoire, pas un remplacement du texte complet :
| Situation courante | Principe à retenir | Règle RIPAM |
|---|---|---|
| Dépassement | Le navire qui rattrape s'écarte de la route du navire rattrapé, quel que soit leur mode de propulsion. | 13 |
| Deux navires à moteur face à face | Chacun vient sur tribord afin de passer bâbord sur bâbord. | 14 |
| Deux navires à moteur qui se croisent | Celui qui voit l'autre sur tribord s'écarte et évite, si possible, de croiser sa route sur l'avant. | 15 |
| Deux voiliers | Les règles dépendent des amures et, lorsqu'ils reçoivent le vent du même bord, de la position au vent ou sous le vent. | 12 |
| Navire tenu de s'écarter | Il manœuvre de bonne heure et franchement. | 16 |
| Navire qui conserve sa route | Il maintient d'abord cap et vitesse, mais doit surveiller la situation et peut ou doit agir si l'autre ne manœuvre pas correctement. | 17 |
« Le voilier a priorité » : une formule dangereusement incomplète
Un navire à moteur doit généralement s'écarter d'un voilier faisant route à la voile. Mais cette phrase comporte de nombreuses limites :
- un voilier qui utilise sa propulsion mécanique est considéré comme un navire à propulsion mécanique, même si ses voiles sont établies ;
- un voilier qui en rattrape un autre reste le navire rattrapant et doit s'écarter ;
- les chenaux étroits et dispositifs de séparation du trafic comportent leurs propres règles ;
- les navires qui ne sont pas maîtres de leur manœuvre, à capacité de manœuvre restreinte, handicapés par leur tirant d'eau ou en action de pêche occupent des situations particulières ;
- aucun navire ne peut maintenir aveuglément sa route jusqu'à la collision.
Le RIPAM ne distribue pas un droit de passage absolu. Il répartit des responsabilités pour empêcher l'abordage. La règle 2 rappelle en outre la responsabilité du capitaine, du propriétaire et de l'équipage et permet de s'écarter des règles lorsque les circonstances immédiates l'exigent pour éviter un danger.
Feux, marques et signaux : identifier avant de décider
Les feux visibles ne servent pas seulement à montrer qu'un bateau est présent. Leur couleur, leur secteur et leur disposition permettent d'identifier son type, son orientation et parfois son activité ou ses limitations de manœuvre. De jour, les marques (boules, cônes et cylindres) remplissent une fonction comparable.
Avant une navigation de nuit ou par visibilité réduite, vérifiez :
- que les feux correspondant au bateau sont présents, fonctionnent et ne sont pas masqués ;
- que l'équipage sait reconnaître au minimum un navire à moteur, un voilier, un navire en pêche et un navire dont la manœuvre est limitée ;
- que les signaux sonores utiles à la situation et à la visibilité sont connus ;
- que le résumé embarqué reste lisible et rapidement accessible au poste de navigation.
Quand le résumé doit être à bord
Les lignes ci-dessous restituent les obligations d'emport présentes dans l'édition de référence. Utilisez le diagnostic pour tenir compte du bateau et de la navigation prévue.
| Type de pratique | Zone concernée | Ce qui est prévu | Source |
|---|---|---|---|
| Navire de plaisance | Côtière · jusqu'à 6 milles d'un abri à Hauturière · au-delà de 60 milles d'un abri | RIPAM ou résumé textuel et graphique | Art. 240-2.04.7 |
| VNM | Côtière · jusqu'à 6 milles d'un abri | RIPAM ou résumé textuel et graphique | Art. 240-2.12.2 |
| Énergie humaine | Côtière · jusqu'à 6 milles d'un abri | RIPAM ou résumé textuel et graphique | Art. 240-2.10.3 |
Le document peut être réuni avec d'autres informations nautiques dans un ouvrage ou support commun. Lorsqu'un support électronique est utilisé, assurez-vous que l'appareil de lecture est utilisable pendant la navigation prévue : chargé, protégé et accessible sans dépendre d'une connexion au réseau.
Contrôle MonBosco avant le départ
- À connaître : l'équipier chargé de la veille sait identifier la situation et alerter le chef de bord.
- À appliquer : veille active, vitesse adaptée, évaluation du risque et manœuvre suffisamment précoce.
- À avoir à bord lorsque requis : RIPAM ou résumé lisible et accessible.
- À vérifier sur le bateau : feux, marques et dispositif sonore adaptés.
- À compléter localement : règles du port, du chenal, de la zone réglementée ou de la voie intérieure empruntée.
Sources officielles et portée de cette fiche
- Division 240 : matériel et conditions d'utilisation, notamment articles 240-2.04 et 240-2.07 ;
- Convention COLREG 1972 : Organisation maritime internationale.
Cette synthèse attire l'attention sur les situations courantes. Elle ne reproduit pas les 41 règles du RIPAM, leurs définitions ni leurs annexes. Le texte complet, la formation du chef de bord et l'appréciation de la situation réelle restent indispensables.
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